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DH 15/01/2004

Lasne sous le choc à l'enterrement d'un garçon de sept ans fauché par une voiture

LASNE Les enfants de l'école de Chapelle avaient dessiné des mains pour dire au revoir à leur compagnon de classe. Des étoiles ont aussi été déposées devant le cercueil blanc, parce que Yan était justement leur «étoile».

Yan avait sept ans. Réfugié politique chinois avec sa maman et sa soeur, il vivait à Lasne depuis quelques années, allant à l'école en français, mais apprenant néanmoins le chinois. Le mercredi 7 janvier, dans l'après-midi, alors qu'il circulait à pied dans la rue du Culot, il a été fauché par une voiture. Il semble, en confrontant les différentes sources que la police ne souhaite pas commenter, qu'il marchait derrière sa maman et qu'il a voulu se porter à sa hauteur pour lui donner la main. Il aurait vu un premier véhicule arriver sur cette route étroite, où les riverains trouvent qu'on roule trop vite, mais pas un deuxième

«Pour les élèves de sa classe, Yan restera un soleil, a souligné Anne Brancart, l'institutrice, en l'église de Lasne, au cours d'une cérémonie ouverte à toutes les confessions, la famille étant bouddhiste. Il était le moteur de la classe, l'ami de tous, respectueux, humble et sincère. Dans ce monde où l'argent, l'énervement, la jalousie, bref tout ce qui nuit à l'épanouissement personnel, j'espère que ce drame nous rendra conscience de la fragilité de la vie. Ce serait le plus beau message que nous puissions rendre à Yan et à sa famille.»

Un souvenir sans fin

Et après que la maman de Yan ait fait vibrer l'assemblée par une chanson chinoise qui exprime la douleur sans fin - «mes yeux pleureront jusqu'à l'assèchement» -, le père, revenu exprès de Chine, a expliqué que «Yan est parti au paradis. Il était le plus sage des enfants, la fierté de sa maman depuis la maternelle, et, après avoir enchanté sa famille, il s'endormait tous les soirs dans les rêves des histoires que sa maman lui avait racontées. Sa vie a été brisée comme peut l'être le fil d'un cerf-volant. Tout le monde se souviendra de toi sans fin.»

Sa grande soeur a ensuite expliqué à tous combien Yan avait été «un frère remarquable. Ce fut un bonheur de t'avoir à mes côtés pendant sept ans. Avec toi, j'ai découvert l'amour fraternel. Mais ce temps a été trop court, je ne t'oublierai jamais. Maman et moi, nous avons mis autour de toi tous tes objets. Et nous avons coupé une mèche de nos cheveux pour te les lier autour des poignets. Ainsi, nous resterons toujours à tes côtés. Aujourd'hui, je suis sûre que son souhait est que plus jamais un enfant ne subisse son sort et ne détruise une famille de cette manière.»

© La Dernière Heure 2004

Jean-Philippe de Vogelaere


 

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Dernière mise à jour: novembre 30, 2004