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Nature L’association Natagora lance un recensement ornithologique grand public à Bruxelles et en Wallonie
Les oiseaux de jardin sous vos loupes
22 janvier 2004 - Le Soir

Stars des jardins, la mésange charbonnière était le deuxième oiseau le plus aperçu lors d’un recensement opéré en Flandre l’an dernier.

L’association Natagora lance un recensement ornithologique grand public à Bruxelles et en Wallonie. Pic épeiche, mésange nonnette ou verdier ? Natagora propose d’inventorier les espèces des jardins d’hiver. Préfiguration d’une large implication des habitants dans les comptages.

CHRISTOPHE SCHOUNE

Devine qui vient manger chez nous aujourd’hui ? En posant cette question en guise de fil conducteur de sa nouvelle opération de recensement, l’association Natagora, qui fédère les Réserves naturelles et ornithologiques (RNOB) et le réseau Aves, invite les habitants de Wallonie et de Bruxelles à mettre le couvert pour les oiseaux.

Le week-end des 7 et 8 février prochains, les habitants qui disposent d’un jardin ou d’une cour sont conviés à compter les espèces qui gravitent autour de leur mangeoire. Primo, il s’agira pour Natagora de sensibiliser la population à la question du nourrissage hivernal. Dans un jardin naturel, certaines espèces comme le merle ou le rouge-gorge trouvent de quoi satisfaire leur appétit en hiver, explique l’association. Mais ce n’est pas le cas pour tous les oiseaux qui peuvent perdre jusqu’à dix pour cent de leur poids par une nuit froide. Les journées plus courtes réduisent également le temps disponible pour chercher de la nourriture.

Deuxième volet, cette opération de sensibilisation nécessitera de la part des observateurs volontaires de compléter un questionnaire afin de répertorier la fréquence d’apparition de vingt-trois espèces d’oiseaux et… de l’écureuil. Pour faciliter le travail des ornithologues en herbe, Natagora a conçu une brochure permettant de distinguer un pic épeiche d’un accenteur mouchet, tout en donnant des consignes de nourrissage (voir repères).

Au-delà du week-end des 7 et 8 février, une implication plus systématique de la population dans des opérations de grande envergure est envisagée : Les pays anglo-saxons sont coutumiers du fait, explique Jean-Paul Jacob, directeur d’études chez Aves. Cette opération focalisée autour des mangeoires est intéressante, mais pas vraiment scientifique. Elle a une valeur indicative qui donnera certaines tendances.

Des recensements de ce type sont réalisés par Natuurpunt, en Flandre, depuis trois ans. Jusqu’à présent, les résultats sont globalement constants (notre infographie). On note cependant une progression sensible de la fréquence d’apparition des pinsons et des tourterelles turques dans les 1.200 jardins auscultés.

Les tendances deviennent pertinentes si l’opération se répète pendant au moins dix ans, nuance Jean-Paul Jacob. Il convient à cet égard d’élargir le champ d’observation à l’ensemble du jardin dans la mesure où certaines espèces comme le bouvreuil, par exemple, ne viennent pratiquement jamais dans les mangeoires.

Rappelons enfin que le recensement des oiseaux nicheurs – 170 espèces recensées – poursuit son cours. Il devrait livrer ses résultats en 2005. A mi-parcours, les tendances observées en Wallonie n’incitent globalement pas à l’optimisme.

C’est un travail scientifique de longue haleine basé sur des milliers d’heures d’observations, poursuit Jean-Paul Jacob. L’abondance des espèces est évaluée avec une grande précision pour les espèces rares et d’une manière plus globale pour les espèces communes. Cinquante pour cent des espèces sont dans une situation préoccupante et des populations communes comme l’alouette, le coucou ou les hirondelles ont chuté à un point tel que ces oiseaux pourraient disparaître…•

 

 

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Dernière mise à jour: novembre 30, 2004